J’ai eu la chance de rencontrer David lors de l’ouverture du Festival OFF de Québec le 4 juillet dernier où il faisait la première partie du slameur Grand Corps Malade. Généreux, comique, songé. Il m’a accordé une (ce qui est en fait ma première) entrevue pour ce blogue en ce premier matin d’août 2012. Il nous partage ses connaissances en abordant la mort, le deuil comme il l’a vu, entendu, vécu auprès des jeunes endeuillés par le suicide d’un parent ou d’un proche et en côtoyant des victimes d’actes criminels.
Comment aborder la mort avec les jeunes endeuillés par le suicide ou la mort violente d’un proche?
Ça va étonner plusieurs personnes mais l’aborder le plus directement possible. L’enfant ressent qu’il s’est passé un drame, une tragédie dans la famille…Pas nécessaire de décrire le moyen utilisé par le proche pour se donner la mort mais lui expliquer pourquoi il y a tant d’émotions à la maison. Il faut parler de l’absence, de la mort et éventuellement du suicide ou de l’homicide du défunt. Il y a différentes façons d’aborder ces thèmes selon l’intégration du concept de la mort, de l’universalité de la mort. Au Centre de Prévention du Suicide j’ai eu deux groupes et je travaillais avec eux en créant une pièce de théâtre, des dessins, des jeux les amenant à en discuter. Pourquoi pas aborder la spiritualité?
Le grand danger c’est quand on lui cache la vérité, il imagine…
L’enfant a beaucoup d’imagination et peut se sentir coupable. S’il n’a pas d’explications et pas ou peu de rapports ou de repères avec la mort, le deuil, les tragédies il intégrera dans son imaginaire un message comme quoi il est responsable de la mort du parent, du proche, etc. Voilà qui est extrêmement dangereux, beaucoup plus que de troubler l’enfant en lui parlant de la mort.
Les enfants réagissent de façon beaucoup plus naturelle que les adultes en situation de deuil
Ce que j’ai remarqué dans ma pratique de travailleur social c’est que les enfants même lors d’une mort violente (en référence à CAVAC) ou d’un suicide, dans les heures et/ou les jours suivant la tragédie vont quand-même avoir envie de s’amuser, de rire, de jouer. Ils vont conserver leurs besoins affectifs. Ce qui est très correct. Ils vont cependant revenir au processus de deuil par petites bouffées. Par exemple, tout en jouant, l’enfant se retourne pour dire « je m’ennuie de papa ». On peut en profiter pour lui demander « Qu’est-ce qui te manque le plus de papa? » parler de la personne décédée. Et, il va dire qu’il veut continuer de jouer. C’est correct, très correct.
Et le deuil des adolescents?
Lire 5 pistes pour toi l’adolescent(e) endeuillée(e)
Ils ont une compréhension plus grande du concept de la mort. Ils ont aussi une décharge émotive élevée au niveau des hormones, du processus de croissance physique et psychologique. Tout ça va teinter leurs façons de vivre leur deuil. Parfois positivement car ils auront la capacité et le désir de l’exprimer que ce soit dans l’art, en criant, en pleurant, en discutant. Ils vont avoir un espèce d’élan…Parfois négativement de part leur façon de voir le monde, leur manque d’expérience.On veut éviter la mort à tout prix
L’impact de la mort et du deuil dans ta vie de t.s. et de slameur?
Le plus grand baume pour la souffrance psychologique c’est l’amour
- Brisez l’isolement
- Parlez de votre souffrance
- Entourez-vous
Pour vous inscrire à l’infolettre c’est par ici
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=3Jp9S6LKuco?rel=0]
Par Steve Vermette via le réseau Linkedin
J’ai eu la chance de rencontrer officiellement pour une premiere fois David et surtout de découvrir l’ACTIF qu’il constitue pour la VIE le 11 mars 2011, journée marquant le 5ème anniversaire, jour pour jour, du suicide de mon grand ami de toujours, Pierre Gobeil.
Il a généreusement accepté ce jour-là, de justement venir interpréter son vidéoclip » meurtre de soi « , à l’occasion du méga karaoke » Chantons la vie » que j’avais décidé d’organiser au profit de JEVI afin de commémorer sa mémoire, mais aussi et surtout afin de dire haut et fort que LE SUICIDE N’EST PAS UNE OPTION!
Je me souviendrai toujours de cette soirée mémorable puisque ce même jour-là, en plus de David, 35 de mes consœurs et confrères de la junte médiatique ont répondu à mon cri du cœur et accepté d’ajouter leur voix à la mienne, et même payés pour chanter au profit de JEVI.
Bravo encore à David de donner si généreusement et a toi de rappeler l’importance d’être là et a l’écoute des gens qui ont besoin!
Steve Vermette
A reblogué ceci sur lynnepiondeuilvieresilience.comet a ajouté:
Entrevue avec le slameur David Goudreault toujours d’actualité