Le deuil au masculin, capsule vidéo #6

Sans titreL’homme qui vit un deuil, que ce soit celui de sa conjointe, d’un enfant, d’un parent ou d’un ami est sous l’emprise d’une image que la société lui a trop souvent donné. « Un garçon ça ne pleure pas »… Ce n’est pas qu’il ne ressent pas ses émotions mais plutôt qu’il ne veut pas déranger alors il s’isole sous ses émotions d’endeuillé. Nous avons tous des images d’un père, d’un frère ou d’un oncle endeuillé qui faisait « comme si », comme si tout allait bien malgré la mort de l’être aimé. Malgré la mort d’un grand ami, d’une sœur etc. Et pourtant…son chagrin est réel et profond. Lorsque nous lui disons qu’il semble  insensible, une douleur s’ajoute au deuil à vivre.

Heureusement les temps changent. L’homme ose de plus en plus partager son quotidien et son ressenti avec sa famille, ses amis et même parfois ses collègues de travail.

Cependant, le deuil est unique à chacun. Chacun y va à son rythme et il est important pour l’entourage de respecter la personne endeuillée.

Comment accompagner un homme en deuil ?

(Extrait du texte de Christophe Fauré, psychiatre spécialisé dans l’accompagnement du deuil, sur le site traverserledeuil.com)

Si vous êtes une femme et que vous souffrez du silence de votre compagnon… père… frère… ami en deuil, comprenez ce qui se cache derrière.

Cet homme que vous tentez d’accompagner dans sa peine le fait avec les moyens psychologiques et culturels dont il dispose. Il est très profondément conditionné depuis l’enfance à se comporter d’une certaine manière et il est impossible de lui demander d’être radicalement différent aujourd’hui ou de changer d’attitude en quelques jours. Cela ne veut pas dire que cet homme que vous accompagnez ne peut pas changer progressivement (vous pouvez d’ailleurs lui faire lire cet article pour l’aider à mieux se comprendre !), mais il est capital que vous ne lui mettiez pas trop la pression pour qu’il parle ou pour qu’il vous exprime ses émotions, même si vous êtes intimement persuadée que cela lui fera du bien.

Invitez le à le faire mais, s’il vous plaît, laissez le tranquille s’il ne veut pas – ou s’il ne peut pas. Cela ne signifie pas que son chemin de deuil ne se fait pas intérieurement. Il ne le fait pas comme vous : il le fait à sa manière ! Votre insistance peut le mettre très mal à l’aise et il risque d’être encore plus dans le retrait et le silence car il vit votre insistance comme une intrusion dans son intimité et presque une agression dont il a besoin de se protéger !

Bien sûr, vous pouvez vous sentir très seule face à ce mur de silence, mais cette attitude n’est pas contre vous ; il ne vous abandonne pas : il tente, avec les moyens qui sont les siens (et ils sont plus restreints que les vôtres !!!) de faire face.

Sachez le : l’homme en deuil est fragile. L’homme en deuil est vulnérable. Mais il lui est culturellement et psychologiquement difficile de le montrer et de l’admettre.

Sachez qu’il est parfois encore plus fragilisant et vulnérabilisant pour lui d’être mis au pied du mur et d’être contraint d’exprimer ce qu’il ne parvient pas à exprimer. Ne le poussez pas au delà de ses limites. Respectez les et sollicitez ailleurs de l’aide et du soutien si votre compagnon… père … frère… ami ne parvient pas à vous les donner. Et surtout, ne lui en voulez pas…

Il faut faire confiance au processus de deuil qui est universel : même dans le silence, il parviendra toujours à se déployer pour, à terme, maintenant ou plus tard, restaurer la paix du cœur.

Christophe Fauré

Je vous souhaite de vous épanouir à votre rythme dans le processus de cicatrisation qu’est le deuil.

Lynne

Publicités

5 réflexions sur “Le deuil au masculin, capsule vidéo #6

  1. Bonjour,

    Il y a par ailleurs des deuils qui se passent sans pleurs… naturellement…
    Mon père est mort quand j’avais 17 ans. Sauf que nous avions un rapport de « peur ». De fait, lorsque le décès est survenu, c’est le soulagement qui est venu tout de suite. Je n’ai pleuré que parce que j’avais l’impression qu’il fallait que je le fasse, mais c’était plutôt des larmes de crocodile.
    Je crois malheureusement que j’aurais dû pleurer de n’avoir pas eu vraiment de père plutôt que celui-ci soit mort…
    Je voulais vous remercier d’avoir « scooped » un de mes articles… malheureusement, j’ai perdu l’intégralité de mon blog à cause d’un virus et je n’ai pas pu récupérer l’intégralité de mes articles dont celui que vous avez shared son scoop-it…

    • Merci Dominique pour votre partage. Le deuil est unique à chacun. Nous associons très souvent deuil avec tristesse et grande peine mais il est aussi délivrance pour certaines personnes comme vous le mentionnez. Merci d’avoir apporté cette couleur!

  2. Vous avez tout à fait raison Mme Pion ! J’ai vécu le décès de ma mère lorsque j’avais 22 ans et mon frère 20 ans et mon père et mon frère ont réagit de la sorte comme vous le d’écrivez très bien dans votre capsule et je me suis tellement sentie seul tout au long de ce deuil. Même après 16 ans nous ne sommes pas capable de parler de ma mère. Merci pour cette capsule et Monsieur donner vous le droit de vivre votre deuil et de pleurer !
    Josée Goupil

    • Le deuil est unique à chacun et la façon de l’exprimer aussi. Je vous remercie Josée pour ce partage et vous souhaite de partager ensemble de doux souvenirs de votre mère.
      Saviez-vous que j’offre de l’accompagnement pour la famille dans ces situations ? Je vous invite à communiquer avec moi pour plus d’informations.

Merci de laisser un commentaire, je vous lis avec grand intérêt

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s